Lors du conseil municipal du mardi 15 juillet dernier, nous sommes intervenues sur deux délibérations, l’une concernait les subventions aux associations qui encore une fois sont attribuées de façon très arbitraire n’encourageant pas l’engagement associatif et l’autre concernant les mesures de protection des zones naturelles. Nous avons évoqué l’incohérence de cette dernière délibération avec le projet du surf park qui est passé sous silence.
Point n° 1 – FINANCES – Attribution des subventions aux associations pour l’année 2025
On sait que la vitalité du monde associatif sur les territoires est un atout pour la société. Elles assurent des services complémentaires aux services publics et indispensables dans des secteurs très divers : le sport, l’action culturelle, l’action sociale, l’environnement …
On sait que l’engagement associatif est facteur d’émancipation pour les individus. Il permet le développement de compétences et l’implication citoyenne. En ce sens il offre une alternative «au chacun pour soi» et fait vivre le lien social.
Il est donc très important que la politique municipale reconnaisse et soutienne largement la vie associative sur son territoire. Lors du vote du budget, nous avions regretté que le budget alloué au secteur associatif soit trop faible.
Dans cette délibération il est proposé comme chaque année le montant des subventions attribuées pour chaque association qui en a fait la demande. Pour les associations sportives, des critères sont établis afin de répondre au mieux à la fois aux demandes mais aussi à la réalité de leur action, à la vitalité des associations et leur impact sur la commune.
En revanche, concernant les autres associations, les subventions sont accordées de manière arbitraire, sans aucun critère. Le dossier fourni à la commission ne précise rien sur les motifs et arguments de leur demande de subvention. Les réponses apportées à nos questions, lors de cette commission qui a précédé le conseil municipal, n’ont pas plus apporté d’éléments objectifs.
* Une subvention de 5 568 € est accordée au comité régional de la conchyliculture, alors qu’’il ne s’agit pas d’une association mais d’une organisation professionnelle. Cette demande n’a rien à faire dans le chapitre subventions aux associations.
* Une subvention de 11 000 € est accordée à l’AMFR de Talmont, alors que le financement de cet établissement n’entre pas dans les compétences d’une commune.
* On refuse d’accorder une subvention exceptionnelle ou une augmentation de la subvention de fonctionnement à la Ruche d’idée qui est dans la phase de réécriture du projet social.
On ne peut constater, hélas, que le maire préfère subventionner des associations qui acceptent ce qu’on leur impose ou qui se rangent à ses idées, sans débat avec les personnes concernées qui deviennent des citoyens éteints, plutôt que de soutenir des associations qui donnent la parole, accompagnent les projets et les initiatives d’habitants qui font des citoyens éclairés. Nous n’avons pas la même conception de l’engagement citoyen et c’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter cette délibération telle qu’elle est proposée.
Le maire a répondu que le financement de l’AMFR était tout à fait légal, peut-être, mais la subvention concerne l’achat de tee-shirt (tenue unique) dans le cadre de l’action « école de demain », que les 4 écoles de Talmont ont refusée. En ce qui concerne la Ruche d’Idées, il botte en touche en disant que le projet social a été signé par 3 partenaires dont la ville avec les financements. (15 000 € en fonctionnement seulement, ce qui représente 5 % du budget alors que les autres centres socio-culturels en France sont financés par la commune à hauteur de 30 %).
Nous avons voté contre
Point n° 4 – ENVIRONNEMENT – Renforcement des mesures de protection dans les zones naturelles
Comment faut-il interprété cette délibération ?
Le maire propose de renforcer les mesures de protection des zones naturelles en expliquant que la zone littorale de notre commune est composée de milieux naturels particulièrement sensibles et riches en biodiversité. Cette zone est fragilisée par la fréquentation humaine, et il souhaite verbaliser tout comportement portant atteinte à l’environnement ou à la tranquillité des lieux pour la faune et la flore.
Mais pourquoi prendre des mesures uniquement pour les promeneurs ?
Si la municipalité veut mobiliser des moyens en vue de renforcer la protection des milieux naturels, elle doit aussi refuser les projets industriels qui contribuent également à la dégradation de l’environnement, comme la construction d’une méga-piscine à vagues artificielles, par la Société les Frangines à 250 m de la mer et voisin immédiat d’une zone Natura 2000.
Quelle est la cohérence de ces mesures alors que le maire soutient le projet du surf-park sous prétexte qu’il s’agit d’un projet touristique. Est-ce que les 200 000 personnes attendues à l’année ne sont pas une menace supplémentaire pour le littoral au nom d’une activité élitiste, vu le prix très élevé de cette activité ?
Face au changement climatique qui se manifeste de plus en plus, ce projet va à l’encontre des engagements de protection de l’environnement de notre territoire. Il dénature notre cadre de vie, accentue la bétonisation et la surpopulation côtière.
Cette délibération est complètement incohérente dans la mesure où elle ne place pas la protection de l’environnement et des milieux naturelles dans une politique globale de protection du littoral et des zones sensibles sur la commune.
Le maire a répondu qu’il s’est appuyé sur l’arrêté du préfet de région qui a validé le projet. Il ne pouvait pas s’opposer au permis de construire dans la mesure où il était en règle avec le PLU (Plan local d’Urbanisme) et qu’il ne peut donner un avis personnel.
Nous sommes intervenues de nouveau pour expliquer que la ville a vendu l’avenue de la Mine à la société Les Frangines (propriétaire de l’aquarium qui propose un surf-park), que cette vente était déjà prévue dans le permis de construire avant même que la délibération soit votée et que tout ceci, s’est fait dans le plus grand secret afin d’éviter un recours, dans les deux mois possibles, du permis de construire.
Le maire a fini par nous traiter de «malhonnêtes» : les échanges ont été virulents, il est inacceptable de la part d’un maire de traiter les élus de cette manière.
Nous avons voté contre