Lors du dernier conseil municipal de l’année, nous sommes intervenues sur deux délibérations importantes, le vote du budget primitif pour 2026 et la requalification du site du Super U.
Point n° 2 – FINANCES – Vote du budget primitif principal de la commune pour l’année 2026
Lors du conseil municipal de novembre, le rapport sur les orientations budgétaires 2026 a été présenté. C’est une première étape dans le cycle budgétaire annuel des collectivités locales. (voir compte-rendu du conseil municipal du 24 novembre 2025). La deuxième étape, est le vote du budget primitif. Il représente en fonctionnement : 14 233 575 € dont 1 614 000 € versés à la section d’investissement. Le budget d’investissement est de 10 084 000 €.
Nous sommes intervenues en rappelant brièvement les remarques formulées lors du rapport sur les orientations budgétaires :
- Des recettes de fonctionnement importantes malgré les conditions financières nationales, avec notamment les dotations de l’État, la fiscalité directe et indirecte, une augmentation des produits des services du domaine ; mais les charges correspondant à ces services sont également en hausse.
- Une hausse des charges de personnel de 5 % malgré la mutualisation. Si l’augmentation s’explique par une hausse des charges sociales et le coût des services techniques mutualisés, nous avons toujours des difficultés à nous retrouver dans l’organisation « lisible » des ressources humaines en l’absence d’un organigramme.
- Des charges financières en augmentation qui résulte du recours à l’emprunt pour les investissements importants de ces dernières années. Nous rappelons que nous avons approuvé les investissements indispensables et utiles à la population. La réalisation d’un nouveau cinéma annoncée depuis 12 ans est inscrite dans le budget, pour encore de nouvelles études avec une échéance reculée à 2030.
Nous avons formulé une question concernant les subventions : en effet, nous avons remarqué dans le chapitre 65 « subventions de fonctionnement pour le tissu associatif » une hausse de 64 500 € dont une hausse de 50 000 € pour le CCAS, ce qui augmente les subventions aux associations de 14 500 €. Nous avons demandé plus d’informations concernant les raisons de cette hausse. L’adjoint aux Finances et le maire ont expliqué que pour le CCAS, le coût du salaire de la direction était transféré dans le budget du CCAS. Pour rappel, le CCAS est autonome et son budget est séparé du budget de la ville. Jusqu’à présent le salaire de la direction était dans les charges de personnel de la ville. Nous n’avons pas obtenu plus de précisions sur les raisons de ce changement et nous allons nous renseigner plus amplement.
Pour l’augmentation des autres subventions, il est prévu 1 000 € de plus pour les associations sportives et pour les autres associations … aucune explication. Le maire a précisé que ce serait discuté lors de l’attribution des subventions aux associations. Nous pensons que le maire ne veut pas apporter plus de précisions avant les élections municipales !
Nous avons ensuite formulé notre étonnement et notre inquiétude, concernant certaines actions. Parmi les « charges de fonctionnement » on note une dépense de 19 250 € dans le chapitre « aides à la famille ». On ne retrouve aucune information concernant cette somme dans le dossier de présentation du budget 2026. En revanche, certaines actions, font l’objet d’une large communication par la ville, notamment l’action intitulée Blabla Famille. Nous l’avions déjà dénoncée, car elle ne fait l’objet d’aucune réflexion ni évaluation dans les instances municipales et plus précisément dans la commission « Famille, Enfance, Jeunesse ». Cette action ne s’inscrit pas dans un partenariat comme le REAP (Réseau d’Écoute d’Appui et d’Accompagnement des Parents) dans lequel la Communauté de communes et la Ruche d’idées sont inscrites pour des actions parentalité dont les objectifs sont clairs sur une conception de la famille ouverte et inclusive. Ce qui est inquiétant avec cette action, ce sont les raisons plus ou moins cachées d’un courant de pensée qui continue de promouvoir un modèle de « famille traditionnelle », alors que l’État français fidèle aux principes de laïcité et d’égalité a progressivement fait évoluer le droit pour reconnaître la diversité de réalités familiales, pour garantir à chaque citoyen et surtout à chaque enfant les mêmes droits et la même protection indépendamment du cadre familial dans lequel il vit.
Pour garantir les principes républicains, la municipalité doit garder sa neutralité, quelles que soient les convictions individuelles de chacun.
Nous avons conclu en précisant que le budget primitif 2026, donne à voir une présentation rassurante sur les finances de la ville, mais ce qui pose problème se sont les choix budgétaires non expliqués qui sont dissimulés dans les différents chapitres : des subventions aux associations sans critères objectifs, le financement du passeport du civisme, la tenue unique à la maison familiale rurale de Bourgenay et le Blabla famille notamment …
Le maire nous a répondu avec les mêmes arguments que l’année dernière, en parlant de familles et des couples en grande difficulté alors que l’action présentée dans le « Au fil du mois » (hiver 2025/2026) ne répond pas du tout à cette problématique qui nécessiterait un accompagnement bien spécifique.
Les échanges ont été difficiles, nous pensons que nous avons vu juste en parlant d’une idéologie conservatrice et moralisatrice qui sous-tend les différentes actions que nous avons évoquées.
Nous avons voté contre
Point n° 6 – AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE – Lancement de la démarche de requalification du site de SUPER U
L’annonce par la ville du déplacement du Super U dans la zone du Pâtis, sans aucune concertation, avait suscité de nombreuses réactions de la part des habitants. Un collectif a été créé pour demander son maintien en centre-ville. La Commission Départementale de l’Aménagement Commercial (CDAC) ayant validé son déménagement, un recours a été fait auprès de la Commission Nationale d’Aménagement Commercial (CNAC) qui a refusé son déplacement pour les raisons suivantes :
- une consommation non économe de l’espace avec l’imperméabilisation de 31 176 m²,
- l’impact important du déplacement du Super U en périphérie de la ville, considéré comme locomotive alimentaire pour le centre-ville. La CNAC rappelle que Talmont-Saint hilaire est labellisée « Petite ville de demain » le déplacement de ce commerce contribuera à accroître la séparation entre activités de services en centralité et activités commerciales en périphérie et dans ces conditions, le projet ne participe pas à l’animation de la vie urbaine et risque de bouleverser l’équilibre commerciale de la ville.
Suite à ce refus, le permis de construire n’a pas pu être délivré par la ville. La Société Sotaldis qui gère le Super U de Talmont a attaqué cette décision au Tribunal Administratif qui a autorisé le déplacement pour une question de forme. Le Conseil d’État sollicité par la partie adverse n’a pas remis en cause le jugement du tribunal administratif.
Suite à cette décision récente, la ville a décidé de lancer une étude urbanistique pour requalifier le site du Super U et construire un éco-quartier. Nous sommes intervenues pour dire que cette étude était prématurée et vide de sens dans la mesure où le déplacement du Super U est loin d’être immédiat … s’il déménage ! Nous avons rappelé notre opposition au déplacement du Super U qui rejoint celle de nombreux habitants de la commune. Nous avons fait référence à la décision de la CNAC, qui n’a pas été remise en cause sur le fond par le Tribunal Administratif et l’arrêt du Conseil d’État.
Cette délibération apparaît plus comme une opération de communication, un effet d’annonce et montre combien la commune a été « un moteur » dans le souhait du déplacement du Super U. Le terrain, même s’il devait être libéré, devra être dépollué ce qui nécessitera pas mal d’années avant de penser à un nouveau quartier.
Nous avons voté contre