Un budget communal doit se construire à partir, d’une vision pour l’avenir de la commune, d’un projet de développement local partagé avec les acteurs d’un territoire et favorisant l’intérêt général. Nous ne voyons pas dans ce rapport le projet politique de la municipalité ni ses enjeux ni ses priorités au service de tous : habitants, entreprises, acteurs locaux.
2 – Nos Constats
La situation de la commune sur le littoral, en fait une commune touristique. Pour autant près de 8 000 habitants résident à l’année sur Talmont. Ils ne doivent pas être pénalisés par une politique tournée principalement vers le tourisme.
La section de fonctionnement a pour vocation de permettre une vie communale harmonieuse. Le choix de contenir les dépenses de fonctionnement, pour financer les dépenses d’investissement n’est pas, pour nous « une performance » car il prive la commune de ressources utiles pour répondre aux besoins réels des habitants, notamment dans le domaine l’action sociale, dans le domaine culturel, pour une vraie politique de mobilité et de logement, en matière d’environnement …
La cession de biens au secteur privé mentionnée dans ce rapport, appauvrit la commune alors que certains terrains ou biens auraient permis d’autres réalisations nécessaires, comme des logements en résidence principale alors qu’actuellement 50% des logements sont des résidences secondaires.
3 – Ce qui nous questionne fortement
Les orientations budgétaires pour 2023 restent très floues puisqu’elles se déclinent principalement en termes de réalisation d’équipements. Nous ne sommes pas contre la réhabilitation ou la réalisation de nouveaux équipements qui sont utiles à la population notamment dans le domaine scolaire, sportifs, culturels, mais nous nous interrogeons sur :
- La revitalisation des secteurs stratégiques de ville : en effet dans cette rubrique, nous n’avons rien lu concernant le centre-ville. Avec le déménagement du Super U, le déplacement éventuel du cinéma, la construction du siège communautaire, un marché couvert qui compte ses clients en hiver, un marché de Noël dans la cour du château et non dans les rues du centre-ville, en quoi le coeur de ville sera-t-il encore un secteur stratégique ? Le risque d’une perte d’attractivité nous inquiète.
- La construction d’un pôle culturel annoncée depuis plusieurs années reste toujours incertaine puisqu’une première phase de travaux est envisagé en 2025 « sous réserve des contraintes administratives financières… » Après avoir annulé le projet de réhabilitation de l’ancienne équipe municipale, qui aurait permis d’avoir un bâtiment aux normes environnementales et aux normes d’accessibilité, une deuxième étude a été réalisée pour finalement conclure à un déplacement de cet équipement vers le site des Ribandeaux . Ce rapport d’orientations budgétaires prévoit de nouvelles études dans les prochains mois. Que de temps et d’argent perdus et surtout comment un tel projet n’est-il pas concerté avec tous les acteurs culturels, et l’association qui gère le cinéma actuellement. Pourquoi, la culture et le 7ème art n’ont-ils pas été priorisés dans les choix municipaux ?
- En matière environnementale et qualité de vie, il est proposé :
- La reconfiguration de la Salorge : un projet encore reporté. Nous découvrons l’organisation d’une scénographie, de quoi s’agit-il ? Ce lieu n’est-il pas utile aux habitants et aux associations du quartier de la Guittière et une concertation a-t-elle eu lieu avec eux ?
- La réduction de la consommation énergétique, reste une intention, (page 54 une enveloppe financière pour 2023 dont le montant reste encore à définir) puisque rien n’est prévu concrètement pour améliorer l’isolation de bâtiments municipaux qui sont des passoires énergétiques pour certains. Où est l’exemplarité environnementale ?
- Qu’est-il prévu pour la mise aux normes en matière d’accessibilité des lieux publics, obligatoire par la loi et permettant une égalité d’accès aux personnes en situation de handicap ?
4 – Les dépenses de fonctionnement
Le rapport, insiste sur la maîtrise des charges gestion courantes qui évolue seulement de + 1.93 % (page 38)
Nous pensons qu’il serait nécessaire de mieux soutenir les associations qui participent au développement et à l’attractivité de la vie locale. Il en est de même pour le centre socio-culturel (agréé par la C.A.F.) et reconnu comme « tiers-lieu ». C’est un acteur incontournable de la vie du territoire qui par son action développe « le faire ensemble, la citoyenneté ».
Nous nous inquiétons également du manque de structuration de l’action sociale qui ne peut être élaborée qu’au sein du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) qui a pour seule obligation l’aide légale (il n’existe pas de commission sociale). Qu’en est-il des autres besoins de la population, des personnes âgées, des logements sociaux, de la prévention ? Le montant de 30 000 € alloué nous paraît insuffisant.
Pour conclure, nous rappelons le manque d’information et de concertation sur ces orientations 2023. Nos priorités auraient été différentes.