Une communication démagogique et inflammatoire

La ville de Talmont-Saint Hilaire bénéficie d’un budget plutôt confortable grâce à de nombreux facteurs dont l’augmentation régulière de la fiscalité locale et ce depuis des années, une population de retraités aisés et un nombre d’habitants croissant. Mais à qui bénéficie réellement ce « confort » financier si ce n’est au maire lui-même qui utilise une somme considérable, entre autres, à sa communication tous azimuts. Les lésés dans cette affaire, ce sont les associations, les jeunes qui n’ont d’autre choix que de s’éloigner de la commune pour se loger (location ou achat), la culture vivante et les pratiques associatives largement délaissées au profit de la culture patrimoniale verrouillée par la ville … Soyons vigilants, le maire doit rendre des comptes aux citoyens, ce qu’il ne fait jamais. Prenons quelques exemples :

A – L’action « Des jeunes avec ton maire » : une débauche de moyens de communication (affiches, clip sur la chaine YouTube de la ville, Instagram, site de la ville, Facebook, journaux locaux … avec le maire omniprésent sur tous les supports). Tout ça pour ? 8 jeunes présents. Rapport efficacité/coût, un vrai fiasco.

B – Vexé que les écoles primaires de la commune aient légalement refusé le port par les élèves d’une affreuse blouse bleue qu’il proposait en premier lieu, le maire s’est retourné vers la MFR, établissement scolaire associatif, pour offrir des tee-shirts au logo de la ville. 22 000 € d’argent public pour des jeunes dont tous ne sont pas issus de la commune et qui portent déjà des vêtements de travail correspondant à leur futur métier. Nous doutons sérieusement qu’ils utilisent très souvent les dits tee-shirts. Mais, l’égo du maire est satisfait, alors … Ajoutons que les MFR ne font pas partie de l’expérimentation voulue par le gouvernement donc aucune aide de l’État ne sera octroyée pour cette action.

C – Avez-vous déjà entendu parler de l’opération « boîtes frigo » également lancée à grand renfort de publicité et d’argent public par la Communauté de communes et la ville ? Le coût ? On ne sait pas. Combien de personnes sont venues retirer ces boîtes censées contenir vos données médicales et destinées aux pompiers en cas d’intervention à votre domicile ? On ne sait pas. C’est encore une fois une opération sans aucun suivi et sans évaluation ! Par ailleurs, il existe un site officiel « Mon Espace Santé » pour chaque citoyen, accessible à tous et de n’importe quel lieu.

D – L’association qui gérait avec succès, le cinéma « Le Manoir » a été jetée avec fracas au profit d’une société privée. 4800 € viennent d’être ajoutés au budget 2024 pour le chauffage de ce bâtiment, véritable passoire énergétique et pour 6 mois seulement. À combien, pendant des années, s’est élevée la subvention communale pour l’association ? 800 € annuels en tout et pour tout. Ça, ce serait «la bonne gestion» dont se vante le maire. Mais il est content, il a viré une association qu’il n’a jamais supportée et supposée, d’après lui, de « gauche ». Il confond tout, engagements personnels de quelques bénévoles et objectifs d’une association fort bien menée qui a toujours agi dans le respect de ses statuts et dans l’intérêt du public.

E – On peut ajouter le « nouveau » service des ordures ménagères ou redevance incitative qui pénalise de façon flagrante les familles modestes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Le maire et président de la Communauté refuse d’entendre la moindre critique, en a augmenté de nouveau le coût cette année et continue à communiquer de façon positive mais fallacieuse.

G – La Ruche d’idées, Centre Socioculturel agréé par la Caisse d’Allocations Familiales, attend toujours une reconnaissance forte de la part de la ville par une revalorisation de la subvention de fonctionnement. Mais cette dernière ne s’engage pas et met la Ruche d’idées en difficulté, notamment pour le maintien de postes de salariés. La question du renouvellement de son agrément avec le projet social sur 4 ans se pose. C’est une question de survie pour un équipement qui a pour mission d’animer la vie locale, de favoriser le lien social et le vivre ensemble … dans le sens « faire société » et non « action sociale ».

H – Si l’on parle urbanisme, nous avons du mal à comprendre la finalité du projet global sur la ville. Par exemple, des travaux importants sont effectués à l’école Émilien Charrier, ce dont nous nous réjouissons sincèrement mais … les nouveaux quartiers en construction dans le secteur ne concernent pas les jeunes couples au vu des prix affichés d’où des effectifs incertains pour l’avenir de l’école. Où est la cohérence de projets ?

Nous pourrions continuer la liste des projets irréfléchis mais potentiellement sujets à communication visuelle facile. Il faut que les citoyens se rendent compte que le maire utilise à son profit trois piliers de la communication :

1) Se faire voir, se mettre en valeur à travers des actions nombreuses même mal ficelées mais sujettes à une communication simpliste et visuelle. Et ce sont souvent des flops dont l’évaluation n’est jamais communiquée (est-elle seulement effectuée ?).

2) Faire aimer de belles images où il est toujours présent et vantant les atouts environnementaux de la commune, atouts réels … tout en les bousillant par ailleurs (on parle du bétonnage du port de Bourgenay ?).

3) Faire voter en sa faveur en anesthésiant notre discernement car notre cerveau ne garde en mémoire que les images gratifiantes qu’il publie.

Le maire utilise à son profit, ce qu’on appelle une communication manipulatrice et non informative, de surcroît payée à coût d’argent public. Ne nous laissons pas abuser.